Actualité bailleur · PJL « Relance Logement »

Engagement de travaux avant 2030 : quel sursis pour louer un F ou G ?

Un futur sursis se dessine — mais rien n'est applicable aujourd'hui. Le projet de loi « Relance Logement », adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet 2026 et transmis à l'Assemblée nationale — donc non définitif, non promulgué —, permettrait de continuer à louer un logement classé F ou G à une condition : signer, avant le 1er janvier 2030, un contrat de travaux permettant d'atteindre le niveau de performance exigé. Le logement resterait réputé décent pendant 3 ans à compter de la signature (maison individuelle ou immeuble entier) ou 5 ans (contrat conclu par le syndicat de copropriétaires) — des dérogations elles-mêmes à durée limitée (Sénat, petite loi n° 835, art. 6 — vérifié le 15 juillet 2026).

En attendant, le droit en vigueur reste inchangé : location d'un G interdite depuis le 1er janvier 2025, F au 1er janvier 2028, E en 2034, et gel des loyers des F/G. Ce texte ne change rien aujourd'hui — mais il dessine une décision à quatre branches à préparer dès maintenant, chiffres en main.

L'essentiel en 30 secondes

  • Rien n'est applicable aujourd'hui : PJL voté en première lecture au Sénat (8 juillet 2026), en cours d'examen à l'Assemblée nationale — rien n'est promulgué.
  • Le mécanisme voté : contrat de travaux signé avant le 1er janvier 2030 → sursis de 3 ans (maison, immeuble entier) ou 5 ans (syndicat de copropriétaires).
  • Double horloge : les dérogations elles-mêmes s'éteignent aux 1er janvier 2033 et 2035.
  • Pas un devis vague : le contrat devra permettre d'atteindre le niveau de performance exigé.
  • Le gel des loyers F/G continuerait pendant tout le sursis — le texte ne le modifie pas.
  • Quatre branches à chiffrer : s'engager sur des travaux, documenter une impossibilité, acter un refus d'AG, ou vendre.

Ce que prévoit exactement le texte voté au Sénat

Le PJL « Relance et décentralisation du logement », dit « Relance Logement », a été adopté en première lecture, avec modifications, par le Sénat le 8 juillet 2026 (petite loi n° 835), puis transmis à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2026 (texte n° 3058), en procédure accélérée. L'examen à l'Assemblée est attendu à la rentrée de septembre 2026, objectif gouvernemental d'adoption avant fin 2026 — mais aucune date d'examen n'était publiée au 15 juillet 2026 (Sénat, dossier pjl25-801 ; AN, texte n° 3058 — vérifié le 15 juillet 2026).

Son article 6, tel que voté, ne supprime pas le calendrier G-2025 / F-2028 / E-2034 : il crée des dérogations au titre desquelles un logement F ou G resterait réputé décent, donc louable — environ 700 000 logements concernés selon le ministère (ecologie.gouv.fr, communiqué du 8 juillet 2026 — vérifié le 15 juillet 2026). Quatre situations :

Article 6 tel que voté par le Sénat — non définitif (vérifié le 15 juillet 2026)
SituationEffet prévuLimites
Contrat de travaux permettant d'atteindre le niveau exigé, signé avant le 1er janvier 2030Sursis de 3 ans (maison, immeuble entier) ou 5 ans (syndicat de copropriétaires) à compter de la signatureDérogations abrogées au 1er janvier 2033 et au 1er janvier 2035
Impossibilité de travaux (contraintes techniques, architecturales, patrimoniales, refus administratif) ou coût manifestement disproportionnéLogement réputé décentDémontrer avoir réalisé tous les travaux possibles ; décret en Conseil d'État à venir
Refus des travaux par l'AG de copropriété datant de moins de 18 moisLogement réputé décent malgré le refusMalgré les diligences du bailleur
DPE collectif de l'immeuble atteignant le niveau exigéLogement réputé décentAjout en séance — contours à confirmer

À noter : l'exemption automatique des monuments historiques a été supprimée en séance. Source : Sénat, petite loi n° 835, art. 6 — vérifié le 15 juillet 2026.

Rien de tout cela n'est applicable aujourd'hui Ce texte est voté en première lecture au Sénat, en cours d'examen à l'Assemblée nationale, non applicable à ce jour. Tant qu'il n'est pas définitivement adopté puis promulgué, aucun contrat de travaux ne vous autorise à remettre un G en location, et le calendrier F-2028 reste entier. Le sursis, s'il arrive, sera un bonus — pas un plan.

Branche 1 — Le sursis « contrat de travaux » : mode d'emploi

C'est le cœur du dispositif. Trois conditions cumulatives :

  1. un contrat de travaux — un engagement contractuel avec une entreprise, pas une intention ;
  2. qui permet d'atteindre le niveau de performance exigé par le calendrier d'interdiction ;
  3. signé avant le 1er janvier 2030.

En contrepartie, le logement resterait réputé décent pendant 3 ans à compter de la signature (maison individuelle ou immeuble entier), et 5 ans lorsque le contrat est conclu par le syndicat de copropriétaires. Attention à la double horloge : le sursis court sur 3 ou 5 ans, mais la dérogation elle-même est temporaire — abrogée au 1er janvier 2033 (maisons, immeubles entiers) et au 1er janvier 2035 (copropriétés). Une rampe de sortie vers les travaux, pas un régime permanent.

Un point que la presse résume souvent mal : beaucoup d'articles évoquent un engagement à « atteindre la classe D ». C'était la version initiale ; la version votée renvoie au niveau de performance exigé par le calendrier. La rédaction finale dépendra de l'Assemblée nationale (Sénat, petite loi n° 835, art. 6 — vérifié le 15 juillet 2026).

Branches 2, 3 et 4 — Les trois autres issues à préparer

Branche 2 : documenter une impossibilité ou un coût disproportionné

Le texte prévoit qu'un logement resterait décent en cas d'impossibilité de travaux : contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales, refus administratif, ou — ajout du Sénat — coût manifestement disproportionné par rapport à la valeur du bien. Deux garde-fous : démontrer avoir réalisé tous les travaux possibles, et des critères fixés par un décret en Conseil d'État qui n'existe pas encore. Prudence absolue : personne ne peut affirmer aujourd'hui qu'un bien entrera dans ce cas. Dès maintenant, constituez le dossier : audit énergétique, avis d'un professionnel sur le bâti, refus écrits, devis datés.

Branche 3 : en copropriété, le refus d'AG de moins de 18 mois

Un copropriétaire bailleur dont l'assemblée générale a refusé les travaux depuis moins de 18 mois, malgré ses diligences, bénéficierait aussi de la dérogation (délai rétabli en séance, contre 3 ans votés en commission). S'y ajoute le cas du DPE collectif de l'immeuble atteignant le niveau exigé, introduit en séance. En copropriété, votre calendrier dépend donc du calendrier collectif : faire inscrire les travaux à l'ordre du jour, faire voter — ou faire constater le refus — se documente soigneusement (convocations, procès-verbaux).

C'est le cas le plus fréquent — et le moins documenté Au 1er janvier 2025, 445 000 appartements du parc locatif privé situés en copropriété étaient classés F ou G, soit 11 % de ce parc (contre 249 000 en monopropriété). Ces bailleurs cumulent deux handicaps : leur sortie de passoire dépend de votes qu'ils ne maîtrisent pas seuls, et un appartement en copropriété vendu seul est exempté d'audit énergétique réglementaire — aucun document chiffré ne leur est donc remis avant de décider de signer, ou non, un contrat de travaux. Sources : SDES/ONRE, parc au 1er janvier 2025, encadré 3 ; service-public.gouv.fr (F37110) — vérifié le 20 juillet 2026.

Branche 4 : vendre ou sortir du locatif

Dernière branche, à ne pas écarter par principe : vendre. Elle a un coût mesurable — la décote — à mettre en face du coût des travaux. Sur les transactions 2024 (Notaires de France, étude « valeur verte »), une maison G s'est vendue en moyenne 25 % de moins qu'une maison D équivalente (F : −18 %), décote généralement constatée entre ~15 et 25 % selon la région et la tension du marché ; impact environ deux fois plus faible pour un appartement (G : de l'ordre de −12 %) — et l'écart se creuse chaque année (vérifié le 7 juillet 2026). Notre guide rénover ou vendre sa passoire thermique détaille cet arbitrage.

Les pièges : ce que le sursis ne fera pas pour vous

Pourquoi chiffrer avant de s'engager

Signer un contrat de travaux pour obtenir un sursis, c'est engager des dizaines de milliers d'euros pour conserver un loyer gelé. La décision se prend sur trois chiffres — en fourchettes, jamais en valeur unique :

Deux vérifications avant tout calcul. D'abord, votre étiquette : logement chauffé à l'électricité, DPE d'avant 2026 ? La réforme du coefficient (2,3 → 1,9 au 1er janvier 2026) ferait sortir environ 700 000 résidences principales des classes F/G selon la simulation SDES appliquée au parc au 1er janvier 2025 (SDES/ONRE, publication du 12 novembre 2025 — vérifié le 20 juillet 2026). Ensuite, le calendrier des aides : les maisons F/G perdent le parcours MaPrimeRénov' par geste au 1er janvier 2027 (service-public.gouv.fr, F35083 — vérifié le 7 juillet 2026) — attendre le PJL peut coûter des aides.

L'attestation ADEME est gratuite — commencez par là Un DPE réalisé sous le régime en vigueur depuis le 1er juillet 2021 et toujours valide peut recevoir une attestation gratuite et dématérialisée générée par l'ADEME, qui se substitue à l'étiquette initiale pour tenir compte du nouveau coefficient de conversion de l'électricité, sans nouvelle visite de diagnostiqueur : observatoire-dpe-audit.ademe.fr. C'est une démarche à faire vous-même ; le classement ne peut que s'améliorer ou rester identique, et l'attestation expire avec le DPE. Sources : arrêté du 13 août 2025 (JORFTEXT000052134589) ; service-public.gouv.fr, fiche A18446 — vérifié le 20 juillet 2026.
Un conseil neutre existe, et il est gratuit Pour valider un programme de travaux ou une demande d'aide, passez par France Rénov' (france-renov.gouv.fr), le service public de conseil, gratuit et neutre — le rendez-vous conseiller est d'ailleurs obligatoire avant toute demande MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur. Le simulateur d'aides public Mes Aides Réno (mesaides.france-renov.gouv.fr, ANAH) est gratuit et anonyme. Et rappel : tout démarchage entrant « rénovation énergétique » — téléphone, SMS, e-mail, réseaux sociaux — est illégal ; une entreprise qui vous contacte spontanément « pour profiter du futur sursis » viole la loi : ne donnez pas suite (Légifrance — vérifié le 7 juillet 2026).

Mettre ces trois fourchettes en face les unes des autres, pour votre logement, votre profil d'aides et votre marché local : c'est exactement ce que fait l'arbitrage Cap sur D (149 €, 12 mois de veille inclus), qui chiffre les scénarios rénover, vendre et attendre avant que vous ne signiez quoi que ce soit — une aide à la décision patrimoniale et financière, dont la conclusion peut être « ne signez pas, vendez ». Première lecture gratuite de vos échéances : le simulateur.

Questions fréquentes

Peut-on dès aujourd'hui louer un logement F ou G en signant un contrat de travaux ?

Non. Ce mécanisme ne figure que dans le PJL « Relance Logement », adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet 2026 puis transmis à l'Assemblée nationale : il n'est ni définitivement adopté ni promulgué. Le droit en vigueur reste inchangé : G interdit à la location depuis le 1er janvier 2025, F au 1er janvier 2028, E en 2034, gel des loyers F/G. Source : Sénat, dossier pjl25-801 — vérifié le 15 juillet 2026.

Quel sursis le texte voté au Sénat prévoit-il exactement ?

Un logement F ou G resterait réputé décent si un contrat de travaux permettant d'atteindre le niveau de performance exigé est signé avant le 1er janvier 2030 : sursis de 3 ans à compter de la signature (maison ou immeuble entier, dérogation abrogée au 1er janvier 2033) ou de 5 ans (syndicat de copropriétaires, abrogée au 1er janvier 2035). Texte non définitif. Source : Sénat, petite loi n° 835, art. 6 — vérifié le 15 juillet 2026.

Un simple devis suffira-t-il pour bénéficier du sursis ?

Non, en l'état du texte : la version votée exige un contrat de travaux permettant d'atteindre le niveau de performance exigé par le calendrier — pas une intention ni un devis sans engagement. La presse résume souvent en « atteindre la classe D » : c'était la version initiale. Les décrets d'application préciseront les justificatifs. Source : Sénat, petite loi n° 835 — vérifié le 15 juillet 2026.

Pourra-t-on augmenter le loyer pendant le sursis ?

Non. Le gel des loyers F/G (art. 159, en vigueur depuis le 24 août 2022 : ni révision IRL, ni hausse à la relocation ou au renouvellement) n'est pas modifié par le texte. Le sursis se ferait à loyer gelé. Sources : ecologie.gouv.fr (vérifié le 7 juillet 2026) ; Sénat, petite loi n° 835 (vérifié le 15 juillet 2026).

Que peut encore changer l'Assemblée nationale à la rentrée ?

Beaucoup, dans les deux sens. Le texte n° 3058 est examiné en procédure accélérée ; examen attendu à la rentrée de septembre 2026, objectif d'adoption avant fin 2026, aucune date publiée au 15 juillet 2026. Le Sénat a lui-même adopté 40 amendements : durées, dates et conditions peuvent encore bouger. Ne fondez aucune décision irréversible sur la version actuelle. Sources : AN, dossier n° 3058 ; Sénat, pjl25-801 — vérifié le 15 juillet 2026.

Préparer les quatre branches, chiffres en main

Cet article décrit un texte en discussion. Ce qui ne dépend d'aucun vote : vos échéances de bail, le gel de votre loyer, la décote de votre bien et le coût de sa rénovation. Commencez par le simulateur gratuit et par les ressources publiques neutres (France Rénov', Mes Aides Réno, ADIL).

Pour l'arbitrage complet — rénover, vendre ou attendre, en fourchettes chiffrées —, l'arbitrage Cap sur D (149 €, 12 mois de veille inclus) fait le calcul avant que vous ne signiez : mise à jour offerte si une échéance, un régime dérogatoire ou un barème change — ce qui est précisément le risque avec un texte encore en navette. Pas de paiement en ligne : vous décrivez votre situation, nous vous rappelons pour la qualifier, puis vous recevez un lien de paiement.

Sources
  • PJL « Relance Logement » : adoption en première lecture par le Sénat le 8 juillet 2026 (petite loi n° 835), transmission à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2026 (texte n° 3058), procédure accélérée — Sénat, dossier pjl25-801 ; assemblee-nationale.fr — vérifié le 15 juillet 2026.
  • Contenu de l'article 6 (contrat de travaux avant le 01/01/2030, sursis 3/5 ans, abrogations 2033/2035, impossibilité, refus d'AG < 18 mois, DPE collectif, baux en cours, art. 20-1) — Sénat, petite loi n° 835 — vérifié le 15 juillet 2026.
  • ~700 000 logements F/G concernés selon le ministère — ecologie.gouv.fr, communiqué du 8 juillet 2026 ; Banque des Territoires/Localtis, 9 juillet 2026 — vérifié le 15 juillet 2026.
  • Calendrier d'interdiction en vigueur (G-2025, F-2028, E-2034), juridiquement intact — loi n° 2021-1104, art. 160 ; ecologie.gouv.fr — vérifié le 15 juillet 2026.
  • Gel des loyers F/G depuis le 24 août 2022 — loi « Climat et Résilience », art. 159 ; ecologie.gouv.fr — vérifié le 7 juillet 2026.
  • Décote à la revente (maison G : −25 % vs D en 2024 ; appartement environ deux fois moins ; ~15-25 % selon région) — Notaires de France, étude « valeur verte », transactions 2024 — vérifié le 7 juillet 2026.
  • Coûts de rénovation (fourchettes indicatives de marché), plafonds MaPrimeRénov' d'ampleur et fin du parcours par geste pour les maisons F/G au 01/01/2027 — Anah, « MaPrimeRénov' mode d'emploi », mars 2026 ; service-public.gouv.fr, fiche F35083 — vérifié le 7 juillet 2026.
  • Réforme du DPE au 01/01/2026 (coefficient électricité 2,3 → 1,9) ; interdiction du démarchage « rénovation énergétique » — arrêté du 13 août 2025 ; lois n° 2020-901 et n° 2025-594, Légifrance — vérifié le 7 juillet 2026.