Gel des loyers des logements F et G : ce qui est interdit exactement
Depuis le 24 août 2022, le loyer d'un logement du parc privé classé F ou G ne peut plus être augmenté, sous aucune forme : ni révision annuelle indexée sur l'IRL, ni hausse à la relocation, ni hausse au renouvellement du bail, ni action en réévaluation d'un loyer sous-évalué (loi Climat et Résilience, art. 159 ; décret n° 2022-1079 du 22 juillet 2022). Le gel est toujours en vigueur au 21 juillet 2026, et il ne cesse que le jour où le logement n'est plus classé F ou G. Deux voies mènent à cette sortie : la mise à jour gratuite de l'étiquette pour les logements chauffés à l'électricité, et les travaux de rénovation attestés par un nouveau DPE. Voici le détail de ce qui est interdit, de ce qui reste possible, et de ce que le gel coûte réellement.
L'essentiel en 30 secondes
- Quatre interdictions, pas une : révision IRL en cours de bail, hausse à la relocation, hausse au renouvellement, action en réévaluation de loyer.
- Depuis le 24 août 2022 en métropole ; depuis le 1er juillet 2024 seulement en Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion et à Mayotte.
- Location vide, meublée et bail mobilité sont concernés ; les meublés de tourisme ne le sont pas.
- Le gel est indépendant de l'interdiction de louer : un F reste louable jusqu'au 1er janvier 2028, mais son loyer est gelé depuis 2022.
- Deux sorties : la mise à jour gratuite de l'étiquette (réforme du coefficient électricité au 1er janvier 2026) ou des travaux amenant au moins en classe E, attestés par un nouveau DPE.
- Le projet de loi « Relance Logement » ne modifie pas le gel — et il n'est de toute façon pas applicable à ce jour.
Les quatre interdictions du gel des loyers
Le gel n'est pas une règle unique : c'est la neutralisation simultanée de tous les mécanismes par lesquels un loyer peut légalement augmenter. Il résulte de l'article 159 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 dite « Climat et Résilience », complété par le décret n° 2022-1079 du 22 juillet 2022.
| Mécanisme de hausse | Statut pour un F ou G |
|---|---|
| Révision annuelle en cours de bail, indexée sur l'IRL | Interdite, même si la clause figure au bail |
| Fixation d'un loyer supérieur au précédent lors d'une relocation | Interdite : le nouveau bail reprend le loyer du locataire précédent |
| Proposition de hausse au renouvellement du bail | Interdite |
| Action en réévaluation d'un loyer sous-évalué | Interdite |
Source : ecologie.gouv.fr, « Location et gel des loyers des passoires énergétiques » ; loi Climat et Résilience, art. 159 ; décret n° 2022-1079 du 22 juillet 2022 — vérifié le 21 juillet 2026.
La conséquence pratique est simple à énoncer et coûteuse à vivre : le loyer d'un logement F ou G est figé au montant en vigueur, quelle que soit l'inflation. Un loyer fixé en 2022 est encore, en 2026, le même loyer — alors que la taxe foncière, les charges de copropriété, l'assurance propriétaire non occupant et le coût des interventions d'entretien ont, eux, continué d'évoluer.
La clause de révision au bail n'y change rien
C'est la question la plus fréquente. La quasi-totalité des baux d'habitation comportent une clause de révision annuelle indexée sur l'indice de référence des loyers publié par l'INSEE. Cette clause reste écrite au contrat, mais elle est privée d'effet tant que le logement est classé F ou G. Appliquer malgré tout la hausse expose à devoir restituer les sommes indûment perçues ; en cas de litige, l'ADIL de votre département renseigne gratuitement bailleurs comme locataires.
Qui est concerné, et qui ne l'est pas
Les baux couverts
Le gel vise les logements du parc privé classés F ou G, loués :
- en location vide (bail de 3 ans, loi du 6 juillet 1989) ;
- en location meublée (bail d'un an, ou 9 mois pour un étudiant) ;
- en bail mobilité.
Les meublés de tourisme sont exclus du gel. Cette exclusion ne dit rien du reste de la réglementation qui leur est applicable, laquelle relève de règles propres (autorisation de changement d'usage, quotas locaux, obligations DPE spécifiques) et n'est pas traitée ici.
L'outre-mer : deux ans de décalage
En Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion et à Mayotte, le gel des loyers des F/G ne s'applique que depuis le 1er juillet 2024. Le calendrier d'interdiction de location y est également décalé : classe G au 1er janvier 2028, classe F au 1er janvier 2031, sans échéance fixée pour la classe E (loi Climat et Résilience, art. 160 ; service-public.gouv.fr, actualité A17975).
Ce que le gel n'interdit pas
Le périmètre du gel s'arrête au loyer principal. Restent en principe hors de son champ :
- la régularisation annuelle des charges locatives récupérables, qui n'est pas une hausse de loyer mais l'ajustement d'une provision aux dépenses réelles ;
- la vente du logement, libre à tout moment — sous réserve, pour une maison ou un immeuble en monopropriété classé E, F ou G, de l'audit énergétique réglementaire obligatoire à la vente ;
- la fin du bail dans les conditions de droit commun (congé pour vente, pour reprise ou pour motif légitime et sérieux, aux formes et délais prévus par la loi du 6 juillet 1989).
En revanche, aucune de ces facultés ne compense économiquement le gel : elles ne restaurent pas le loyer. Sur la question, plus délicate, de savoir si un bailleur peut « rattraper » après coup les révisions non appliquées pendant les années de gel, la réponse dépend de la rédaction du bail et des dates concernées : c'est exactement le type de question à poser gratuitement à l'ADIL de votre département, plutôt qu'à un forum.
Sortir du gel : deux voies, dont une gratuite
Voie 1 — La mise à jour de l'étiquette, sans travaux
C'est la première chose à vérifier, et elle ne coûte rien. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 (arrêté du 13 août 2025). Ce changement de calcul améliore mécaniquement l'étiquette des logements chauffés à l'électricité : selon la simulation SDES appliquée au parc au 1er janvier 2025, environ 700 000 résidences principales sortiraient des classes F et G, avec un gain pouvant atteindre deux classes sans aucun travaux. Aucune étiquette ne peut se dégrader du fait de la réforme.
Si l'attestation fait passer votre logement en classe E ou mieux, il n'est plus une passoire énergétique : le gel ne s'applique plus, et l'interdiction de louer non plus. La révision du loyer redevient possible pour l'avenir, dans les conditions de droit commun — c'est-à-dire sur la base de l'IRL, à la date anniversaire prévue au bail, et non par un rattrapage rétroactif. Notre simulateur gratuit vous indique en une minute quelles échéances s'appliquent à votre bien selon sa classe.
Voie 2 — Les travaux, attestés par un nouveau DPE
Pour tous les autres logements, la sortie du gel passe par des travaux de rénovation énergétique permettant d'atteindre au minimum la classe E, la sortie devant être établie par un nouveau DPE réalisé après travaux (ecologie.gouv.fr). Trois précisions qui évitent des déconvenues :
- Personne ne peut vous promettre un gain de classes précis sans audit énergétique. Seul un audit modélise les scénarios de travaux et le résultat attendu ; les coûts constatés se situent, selon les fourchettes de marché relevées en 2026, autour de 500 à 1 000 € pour un appartement et 700 à 1 500 € pour une maison (prix non réglementé — service-public.gouv.fr, fiche F37110), avec un forfait MaPrimeRénov' de 300 à 500 € selon le profil de revenus.
- Le saut de classe se paie. Aucune statistique officielle ne chiffre le coût moyen d'un gain de deux classes. Les ordres de grandeur du marché, à traiter comme indicatifs et à confirmer par devis, vont de 300 à 450 €/m² pour une maison ancienne, soit un budget courant de 20 000 à 60 000 €. Repère officiel encadrant : l'État plafonne les travaux subventionnables de la rénovation d'ampleur à 30 000 € HT (gain de 2 classes) ou 40 000 € HT (gain de 3 classes et plus).
- La sortie du gel n'est qu'un des bénéfices des travaux, et rarement le plus important financièrement. Elle s'ajoute à la levée de l'interdiction de louer et à la décote évitée à la revente — voir notre guide rénover ou vendre sa passoire thermique.
Ce que le gel coûte réellement
Le gel est le coût le plus discret d'une passoire énergétique, parce qu'il ne se traduit par aucune facture : c'est un manque à gagner, pas une dépense. Trois éléments à poser noir sur blanc pour votre bien :
- L'écart cumulé. Comparez votre loyer actuel à ce qu'il serait si chaque révision annuelle avait pu s'appliquer depuis votre première date anniversaire postérieure au 24 août 2022, en reprenant les valeurs d'IRL publiées par l'INSEE pour vos trimestres de référence. L'écart mensuel paraît modeste ; c'est son cumul, année après année, qui compte.
- L'effet ciseau. Sur la même période, taxe foncière, charges de copropriété non récupérables et coûts d'entretien ont évolué librement. Le rendement net se dégrade des deux côtés simultanément.
- Le plancher de relocation. Au départ de votre locataire, le loyer du bail suivant ne peut pas dépasser celui du précédent : le gel ne s'efface pas avec le changement d'occupant, il se transmet au bail suivant tant que l'étiquette n'a pas changé.
C'est ce chiffrage — loyers gelés, échéance d'interdiction, coût net des travaux après aides, décote à la revente — qui permet de trancher entre rénover, vendre ou attendre. Voir à quoi il ressemble : notre rapport-témoin (sur un bien fictif).
Le projet de loi « Relance Logement » ne touche pas au gel
Beaucoup de bailleurs diffèrent leur décision en attendant un assouplissement législatif. Sur le gel des loyers, cette attente n'a, à ce jour, aucun fondement.
Le projet de loi « Relance et décentralisation du logement » (n° 801) a été adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet 2026 et transmis à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2026 (texte n° 3058), où son examen est attendu en septembre 2026. Il n'est ni définitivement adopté, ni promulgué, ni applicable : le droit en vigueur reste inchangé. Son article 6, dans la version votée par le Sénat, crée des dérogations à l'interdiction de location des F/G — notamment un sursis en cas de contrat de travaux signé avant le 1er janvier 2030 — mais ne modifie pas l'article 159 de la loi Climat et Résilience, c'est-à-dire le gel des loyers. Le texte peut encore être modifié par l'Assemblée nationale puis en commission mixte paritaire. Analyse détaillée : notre guide sur le PJL Relance Logement et l'interdiction de location.
Sources : Sénat, dossier législatif pjl25-801 ; Assemblée nationale, texte n° 3058 (dépôt du 9 juillet 2026) ; ecologie.gouv.fr, communiqué du 8 juillet 2026 — vérifié le 21 juillet 2026.
Questions fréquentes
Depuis quand les loyers des logements classés F et G sont-ils gelés ?
Depuis le 24 août 2022 en France métropolitaine (article 159 de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, complété par le décret n° 2022-1079 du 22 juillet 2022). En Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion et à Mayotte, le gel ne s'applique que depuis le 1er juillet 2024. Il est toujours en vigueur au 21 juillet 2026. Source : ecologie.gouv.fr, « Location et gel des loyers des passoires énergétiques ».
Puis-je appliquer la révision annuelle IRL si mon bail la prévoit ?
Non, tant que le logement est classé F ou G. La clause de révision annuelle indexée sur l'indice de référence des loyers figure dans la quasi-totalité des baux, mais elle est neutralisée par le gel : la révision annuelle du loyer en cours de bail est expressément interdite pour les passoires énergétiques du parc privé. La présence de la clause au contrat ne rend pas la hausse licite. Source : ecologie.gouv.fr — vérifié le 21 juillet 2026.
Mon logement est chauffé à l'électricité : la réforme du DPE 2026 peut-elle lever le gel ?
C'est possible, et c'est la première chose à vérifier. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9 (arrêté du 13 août 2025) : selon la simulation SDES appliquée au parc au 1er janvier 2025, environ 700 000 résidences principales sortiraient des classes F/G, avec jusqu'à deux classes de gain sans aucun travaux. Si votre DPE a été réalisé sous le régime en vigueur depuis le 1er juillet 2021 et reste valide, l'ADEME délivre gratuitement en ligne, sans nouvelle visite, une attestation qui se substitue à l'étiquette initiale : observatoire-dpe-audit.ademe.fr. Un logement qui n'est plus classé F ou G n'est plus soumis au gel. Sources : arrêté du 13 août 2025 ; service-public.gouv.fr (A18446) ; SDES/ONRE, parc au 1er janvier 2025 — vérifié le 20 juillet 2026.
Le gel des loyers s'applique-t-il aux meublés et aux locations saisonnières ?
Le gel s'applique aux logements du parc privé loués vides ou meublés, y compris en bail mobilité. Les meublés de tourisme en sont exclus. Attention : l'exclusion porte sur le gel des loyers, pas sur l'ensemble de la réglementation applicable aux meublés touristiques, qui relève de règles propres. Source : ecologie.gouv.fr — vérifié le 21 juillet 2026.
Le projet de loi « Relance Logement » va-t-il supprimer le gel des loyers ?
Rien ne permet de l'affirmer à ce jour. Le projet de loi « Relance et décentralisation du logement » (n° 801) a été adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet 2026 et transmis à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2026, dont l'examen est attendu en septembre 2026 : il n'est ni définitivement adopté, ni promulgué, ni applicable. Son article 6, tel que voté par le Sénat, crée des dérogations à l'interdiction de location des F/G contre engagement de travaux, mais ne modifie pas le gel des loyers de l'article 159 de la loi Climat et Résilience. Sources : Sénat, dossier pjl25-801 ; Assemblée nationale, texte n° 3058 — vérifié le 21 juillet 2026.
Chiffrer ce que le gel vous coûte, sur votre bien
Cet article donne la règle et ses limites. L'arbitrage Cap sur D pose le calcul sur votre logement : loyers gelés, échéances applicables, coût net des travaux après aides et décote à la revente en fourchettes, pour répondre à une seule question — faut-il rénover, vendre, ou attendre ? C'est une aide à la décision patrimoniale et financière, pas un service de travaux : sa conclusion peut être « ne rénovez pas, vendez ». Le détail de la prestation et son prix figurent sur la page tarifs ; 12 mois de veille inclus (mise à jour offerte si une échéance ou un barème change).
Avant cela, servez-vous des ressources publiques gratuites : l'attestation ADEME de nouvelle étiquette si votre logement est chauffé à l'électricité, le rendez-vous conseiller France Rénov', le simulateur d'aides anonyme Mes Aides Réno (Anah) et l'ADIL de votre département pour toute question sur le bail.
- Gel des loyers des logements F et G (quatre interdictions, baux concernés, sortie par travaux) — ministère de la Transition écologique, « Location et gel des loyers des passoires énergétiques » (ecologie.gouv.fr) ; loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 « Climat et Résilience », art. 159 ; décret n° 2022-1079 du 22 juillet 2022.
- Calendrier d'interdiction de location G/F/E et calendrier spécifique outre-mer — loi Climat et Résilience, art. 160 ; service-public.gouv.fr, actualité A17975. Application du gel outre-mer au 1er juillet 2024 — base réglementaire Cap sur D, vérifiée le 7 juillet 2026.
- Réforme du calcul du DPE au 1er janvier 2026 (coefficient électricité 2,3 → 1,9) — arrêté du 13 août 2025, Légifrance JORFTEXT000052134589 ; attestation gratuite de nouvelle étiquette — service-public.gouv.fr, fiche A18446, et Observatoire DPE-Audit de l'ADEME. Vérifié le 20 juillet 2026.
- Ordre de grandeur du parc concerné (~700 000 résidences principales, simulation) — SDES/ONRE, « Le parc de logements par classe de performance énergétique au 1er janvier 2025 », publication du 12 novembre 2025. Il s'agit d'une simulation, non d'une donnée observée : la première publication intégrant des données observées après réforme est attendue à l'automne 2026.
- Prix de l'audit énergétique (non réglementé) — service-public.gouv.fr, fiche F37110 ; forfait MaPrimeRénov' audit — Anah, « MaPrimeRénov' mode d'emploi », mars 2026. Plafonds de travaux subventionnables en rénovation d'ampleur — Anah, même source. Fourchettes de coût d'un gain de deux classes : estimations de marché, non statistiques officielles.
- Interdiction du démarchage en rénovation énergétique — loi n° 2020-901 du 24 juillet 2020 (JORFTEXT000042148119) ; loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, art. 13 (JORFTEXT000051824277), art. L.223-8 et L.242-16-1 du code de la consommation.
- Projet de loi « Relance et décentralisation du logement » n° 801, adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet 2026, transmis à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2026 (texte n° 3058) — non adopté définitivement, non applicable. Sénat, dossier pjl25-801 ; Assemblée nationale, dossier du texte n° 3058.